Les femmes détenues à Mauthausen

 

LES FRANÇAISES À MAUTHAUSEN

Si, comme le souligne Michel Fabréguet, Mauthausen n’est pas un camp de femmes, quelques milliers, de diverses nationalités, franchissent l’enceinte du camp central. [1] Parmi elles, 577 Françaises, dont 570 arrivent à Mauthausen le 7 mars 1945 dans un convoi en provenance du camp de Ravensbrück. Elles avaient été précédées par deux Françaises : Elomée Lalomont, arrivée le 27 janvier 1945 dans un convoi de 78 femmes (majoritairement Russes et Polonaises) immatriculées entre les numéros 971 et 1 048, et Odette Vercheire, qui est arrivée seule, le 20 février 1945, et se voit attribuer le matricule 1 049. Précisons que ce bilan, effectué après consultation des divers dossiers individuels, [2] est légèrement différent du nombre de femmes inscrites sur le registre original. [3] Certaines mentionnées Françaises se sont révélées être d’une autre nationalité. À l’inverse, Suzanne Busson, à laquelle a été attribué le matricule 1 392, est mentionnée « Po » sur le registre, c’est-à-dire Polonaise, alors qu’elle est Française de naissance, ou encore Georgette Wasser, enregistrée comme Lorraine (« Lothr. »). Les Françaises reçoivent des matricules entre 1154 et 2855.

Pour ces femmes, Mauthausen est l’aboutissement d’un parcours d’internement et de déportation plus ou moins long et complexe. [4] Majoritairement déportées sous le sigle NN [5], elles ont le plus souvent été extraites des centres d’internement de la région parisienne (Romainville et Fresnes principalement) pour être dirigées vers Sarrebruck ou la prison d’Aix-la-Chapelle [6], avant un transfert vers les prisons préventives de Cologne, Flussbach, Lauban ou Breslau. D’autres sont acheminées en Allemagne au sein de transports composés de NN et de non-NN partant de Fresnes vers la prison de Karlsruhe. Pour les femmes arrêtées dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, placés sous le commandement du MBB [7], les départs se font essentiellement d’Arras ou de Lille. Après un transit en Belgique, à la prison Saint-Gilles de Bruxelles, la plupart sont internées dans les prisons d’Essen, Kreuzburg, Gross Strehlitz ou Gommern.
Précisons l’importance de la chronologie pour comprendre les choix des lieux d’internement en Allemagne pour les femmes destinées à être jugées. Ainsi, les transferts de compétence entre les tribunaux en Allemagne expliquent souvent les parcours de détention. Pour ne donner qu’un exemple, la ville de Cologne, siège du tribunal compétent pour juger les affaires des NN venant de France, est bombardée à l’été 1943. S’ensuit un déplacement géographique vers Breslau, en Silésie, et donc des transferts de détenus des prisons de Cologne et Flussbach vers celles de Lauban et Breslau. Pour les femmes arrêtées dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est le tribunal d’Oppeln qui remplace le 29 février 1944 celui d’Essen, situé lui aussi dans une région bombardée, entraînant le transfert de nombre de détenues vers la prison de Gross Strehlitz. Par la suite, ces femmes sont internées dans des prisons d’application de peines comme Anrath, Lübeck-Lauerhof ou Cottbus. [8]

Si certaines rejoignent le camp de Ravensbrück rapidement après leur transfert en Allemagne, d’autres n’arrivent qu’après l’abrogation de la procédure Nacht und Nebel en septembre 1944.
Notons enfin la présence de 31 femmes déportées depuis Compiègne le 24 janvier 1943 et arrivées à Auschwitz le 27. [9] La majorité arrive le 4 août 1944 au camp de Ravensbrück, le 16 pour quelques-unes issues du Kommando de Raisko [10].

À Ravensbrück, les femmes NN étaient regroupées au sein du Block 32. Début mars 1945, l’ordre d’évacuation est donné :

« Soudain un SS fit irruption dans le baraquement et l’ordre d’évacuer fut donné. En hâte nous fûmes obligées de nous préparer au départ. […] Le lendemain, par groupes, nous défilâmes devant un bureau ; on y releva nos numéros, nous reçûmes des vivres pour trois jours et sortant du camp de Ravensbrück, notre convoi fut dirigé vers la halte de chemin de fer voisine du camp où, par un froid glacial, pendant plusieurs heures, nous attendîmes le train. » [11]

Le transport qui devait durer trois jours n’arrive finalement à Mauthausen que cinq jours plus tard, le 7 mars. En l’absence de liste de départ, il est impossible de savoir combien sont décédées au cours du transport ou lors de la montée au camp. Si Gisèle Guillemot mentionne que dans son wagon, il n’y eut pas de victime [12], ce ne saurait être le cas pour tout le convoi. Nous n’avons pu retrouver la trace que d’une seule Française, Isabelle Vibert, qui, selon plusieurs témoignages, serait décédée au cours des quelques kilomètres séparant la gare de Mauthausen du camp. Si l’on en croit Madeleine Cormier, quatre autres « n’eurent pas les forces suffisantes et furent abattues à coups de revolver ». [13]

Les formalités subies à l’arrivée sont les mêmes que pour les hommes :

« Nous franchissons la porte. Les gardes nous rassemblent le long d’une bâtisse puis nous ordonnent de nous déshabiller. Un mouvement de panique s’empare du cortège. À Ravensbrück, des détenues nous ont raconté que les SS avaient fait bâtir de fausses salles de douches (…) et qu’à la place de l’eau, ils introduisaient du gaz mortel dans les tuyaux de canalisation. Nous regardons avec effroi la première centaine de femmes pénétrer dans le bâtiment. […] Mais alors que chacune se prépare à mourir, les premières camarades entrées sortent du bâtiment, le visage paisible, vêtues de caleçons et de chemises d’homme. » [14]

Toutes dans leurs témoignages insistent sur ce point : « Mauthausen est un camp d’Hommes ». [15] Comme le souligne Suzanne Burdin, « ce sont des hommes qui sont là pour nous surveiller, nous recevoir aux douches, assister à notre déshabillage et opérer à la séance de désinfection. » [16] À la peur du gazage s’ajoute un fort sentiment d’humiliation :

« Nous sommes horriblement gênées, car à Ravensbrück, le service était fait par des femmes et si nous nous étions souvent déshabillées devant les SS, cela nous importait peu, car nous ne les considérions pas comme des humains. » [17]

Le lendemain, les effets qu’elles avaient en arrivant leur sont rendus :

« L’après-midi, les sacs en papier contenant nos vêtements reviennent de la désinfection. Sur chacun, un numéro correspondant à celui inscrit sur un carton distribué aux douches. […]
Nouveau questionnaire d’identité : distribution de nouveaux numéros. Je suis le 2 807. » [18]

Une première sélection est alors opérée : celles jugées en trop mauvaise santé ou trop âgées [19] sont marquées et isolées au Block 16 de quarantaine tandis que les autres rejoignent les Blocks 17 et 18 :

« […] Maman (…) est marquée d’un « K » (Krank ) sur la poitrine et le dos. (…)
Je n’étais pas malade mais je me suis fait inscrire comme telle afin de ne pas quitter Maman. Le regard du prisonnier qui m’inscrivait à contrecœur aurait dû me faire pressentir un danger. J’ai eu, en effet, un instant d’anxiété, mais pouvais-je quitter ma mère ? » [20]

Ces Françaises, au nombre de 67, sont envoyées le 17 mars 1945 à Bergen-Belsen. [21] Parmi elles, 56 décèdent au cours du transport ou après leur arrivée au camp (dont huit après la libération le 15 avril 1945). Onze sont rapatriées, dont les sœurs Gorrand, Jeanne et Lucile, ou bien encore Andrée François. Sur ces onze femmes, deux décèdent peu après le retour, en juin et septembre 1945.

À la mi-mars, un Kommando de 495 femmes est formé [22], parmi lesquelles se trouvent 108 Françaises [23] :

« Quelques jours après, c’était le 20 février [sic ; le 20 mars en réalité], on est parties au travail à Amstetten, à la grande gare de triage bombardée par les ’forteresses volantes’ américaines. Nous partions à deux heures du matin, en train, on arrivait sur ce terrain où il fallait porter des poutres très lourdes, tirer les rails, c’était épuisant … (…). » [24]

Gisèle Guillemot évoque un Kommando d’ « une centaine de femmes » [25], correspondant à la première équipe, une seconde devant les relayer le lendemain :

« En principe, cette équipe devait rentrer à minuit, l’équipe de relève du jour suivant devait partir à deux heures du matin. À minuit, personne … elles ne rentrent pas … nous avons appris qu’elles avaient été bombardées … Là-dessus, nous nous sommes révoltées … nous avons dit qu’on ne partirait pas, ça a demandé une certaine audace évidemment … le Commandant est arrivé, revolver à la main : ’si vous ne partez pas, j’en abats dix tout de suite’ … Malgré cet acte de résistance, nous avons bien été obligées de partir, nous sommes parties … (…).
Au deuxième relais, les SS ont décidé de ne plus nous envoyer, je pense pour deux raisons : notre travail était inefficace (nous étions épuisées et c’était trop lourd pour nous) et les civils autrichiens commençaient à nous apporter quelque linge et cela faisait très mauvais effet … » [26]

Cet acte de résistance spontané, sans lien avec les organisations clandestines du camp, n’est pas sans résultat puisque les SS renoncent le lendemain à envoyer les femmes à Amstetten pour le deuxième roulement. À partir de ce moment, elles ne partent plus en Kommandos et demeurent pour quelque temps dans les Blocks de quarantaine. Sur le registre original des femmes, trente-trois sont mentionnées comme étant décédées lors du bombardement dont douze Françaises. [27] Selon Michel Fabréguet, ce sont plus d’une centaine de femmes qui auraient péri au cours de ou suite à ce bombardement. [28]

Après l’épisode d’Amstetten, les femmes ne partent plus en Kommando et ne sont alors plus employées que pour les tâches quotidiennes. Le 1er avril, sept Françaises sont affectées à l’Häftlings Bekleidungskammer (« magasin des vêtements des détenus »), deux autres, sans mention de date, à l’Effektenkammer (« chambre des effets »). À ces Kommandos revenaient la collecte des effets personnels des détenus ainsi que la gestion des tenues rayées.

Le 3 avril, ce sont au moins trente-trois Françaises sur les trente-sept que comptera ce Kommando qui sont affectées à l’atelier de couture (Schneiderei), tandis que vingt-six rejoignent la buanderie (Wäscherei). Enfin, à des dates inconnues, quatre rejoignent à le Kommando Siedlungsbau (« commando de construction de lotissement »), deux l’Arbeitseinsatz (« service de mobilisation pour le travail »), trois le Kommando du jardin (Gärtnerei) et dix le Kommando de Frellerhof dont les attributions n’ont pu être définies avec précision.

Par ailleurs, quarante-trois Françaises rejoignent le Revier le 7 avril 1945, deux le 12 et quatre le quatorze. Si parmi elles se trouvent nombre de femmes blessées lors du bombardement d’Amstetten, cinq au moins des arrivées du 7 avril sont considérées comme faisant partie du personnel [29]. Difficile pourtant de dire combien sont affectées aux soins des malades et combien y sont réellement soignées, à lire Marie-José Chombart de Lauwe :

« Mon travail au Revier (…) ne me laisse aucun temps libre. Je m’occupe, avec Marie-Elisa (Nordmann), de trente à quarante malades. Je suis chargée plus particulièrement des soins, Marie-Elisa des toilettes » [30]

Alors que Marie-José Chombart de Lauwe est mentionnée comme ayant été transférée au Revier le 7 avril sans qu’il soit précisé qu’elle y ait été membre du personnel, le transfert de Marie-Elisa Nordmann n’est quant à lui-même pas mentionné sur le registre original des femmes. Les chiffres évoqués sont donc à prendre comme des minimas.

Par la suite, les détenues sont transférées à quelques kilomètres du camp central, après avoir descendu l’escalier de la carrière de Wiener Graben, à la lisière d’un bois :

« (…) on nous a emmenées dans une espèce de grange dans laquelle on a entassé les trois Blocks, avec les trois chefs de Block (…) » [31]

Le 21 arrivent à Mauthausen les premiers camions de la Croix-Rouge. [32] Au moins 469 Françaises [33] quittent le camp le lendemain en direction de la Suisse. Au moins quatorze d’entre elles décèderont au cours de l’année 1945, soit dans les hôpitaux suisses où elles étaient en traitement, leur rapatriement étant jugé impossible au vu de leur état de santé, soit après leur retour des suites de souffrances endurées au cours de leur déportation. Le centre de rapatriement d’Annecy (Haute-Savoie) accueille la majorité des femmes jugées aptes à poursuivre la route jusqu’en France : au moins 310 passent par ce centre de rapatriement, presque toutes entre le 25 et le 29 avril 1945. Quelques dizaines d’autres sont rapatriées par le centre d’Annemasse, également en Haute-Savoie, majoritairement le 3 mai 1945.

Le cas de ces femmes, majoritairement NN, est particulier à plus d’un titre. Alors qu’en ces temps de fin de guerre, l’heure est à l’évacuation des détenus internés dans les camps situés à proximité des fronts [34] sans qu’une attention particulière soit généralement accordée à leur statut, le choix de ne transférer à Mauthausen que les femmes classées NN ne relève en rien du hasard, tout comme leur internement dans un camp qui ne leur était pas destiné. Suite aux accords entre les autorités allemandes et la Croix-Rouge internationale, les survivantes sont libérées le 22 avril 1945, soit quelques jours avant la libération « véritable » du camp de Mauthausen par les Américains le 5 mai 1945. Sur les 577 Françaises passées par le KL Mauthausen, au moins 99 ne reverront pas la France.

BIBLIOGRAPHIE [35] :

BUSSON Suzanne, Dans les griffes nazies : Angers, Fresnes, Ravensbrück, Mauthausen, Le Mans, Ed. Pierre Belon, 1946, 165 p

FRANCOIS Andrée et Pierre, THIAM Suzette, Andrée François et sa mère Victorine François (1881-Mauthausen 1945) : deux déportées résistantes lorraines : de Joeuf à Metz, Ravensbrück, Mauthausen, Bergen-Belsen, Pont-à-Mousson, Pierre François, 1990, 134 p.

MAURICE Violette, NN, Saint-Etienne, Encre Marine, 1991 (rééd. La Versanne, coll. Encre Marine, 1995 et Les Belles Lettres, coll. Encre Marine, 2009), 89 p.

MAURICE Violette, LARRIAGA Marielle, Les voix de la mémoire : échos des camps de concentration, Lyon, Ed. lyonnaises d’art et d’histoire, 2000, 143 p.

MIRANDE-THOMAS Renée, De Ravensbrück à Mauthausen, Lyon, Les éditions de la défense, 1946.

WILBORTS Suzanne, Pour la France, Limoges, Lavauzelle, 1946.

WISZNER Fernand, FAURE Jeanne, GORRAND Lucette, Buchenwald, Ravensbrück, Mauthausen, Bergen Belsen : de la Marne au Danube, 1943-1945, Chaumont, Le Pythagore Editions, 2001, 146 p.

[1Michel FABRÉGUET, Mauthausen, camp de concentration national-socialiste en Autriche rattachée (1938-1945), Paris, Honoré Champion, 1999, p. 134. Michel Fabréguet avance le chiffre de plus de 4 000, p. 135.

[2Dossiers de demande de mention « mort pour la France », dossiers de demande de titre de déporté politique ou résistant qui contiennent entre autres des pièces d’état civil tels que des actes de naissance ou de décès, ainsi que d’éventuels décrets de naturalisation permettant d’établir avec certitude la nationalité de la grande majorité des Françaises internées à Mauthausen. Ces dossiers sont conservés au ministère des Anciens Combattants à Caen.

[3Ma 7/4 : registre original des femmes, Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, Ministère des Anciens Combattants, Caen.

[4En raison de la multiplicité des lieux d’internement par lesquels sont passées certaines femmes, nous avons fait le choix de ne pas les intégrer tous au sein des fiches. Ainsi le premier lieu de déportation mentionné ne correspond pas forcément au premier lieu d’internement hors de France. Nous avons fait le choix de ne pas mentionner la prison de Saint-Gilles à Bruxelles ou celle d’Aix-la-Chapelle par exemple lorsque celles-ci ne constituaient pas le seul lieu d’internement avant Ravensbrück. Dans les cas où les renseignements étaient parcellaires ou incertains, nous avons gardé le premier lieu d’internement pour renseigner la fiche, privilégiant les lieux de détention préventive ou d’exécution de peine par rapport aux lieux de transit.

[5Pour les précisions concernant la procédure NN, le rattachement à la procédure de certaines femmes en Allemagne, ainsi que sur les différentes catégories que regroupe ce sigle, voir la « fiche événement » concernant cette catégorie de déportés. Précisons également que toutes les femmes arrivées de Ravensbrück le 7 mars 1945 n’ont pas été déportées sous le sigle NN. Certaines n’appartenant pas à cette catégorie se sont introduites à l’insu des SS dans le Block 32 peu avant le départ afin de ne pas quitter leurs compagnes.

[6Les femmes condamnées par un tribunal militaire allemand en France transitent quant à elles le plus souvent par les prisons de Karlsruhe et de Fribourg-en-Brisgau.

[7Militärbefehlshaber in Belgien und Nordfrankreich : commandement militaire allemand pour la Belgique et le nord de la France.

[8Nous avons pu retrouver 66 femmes internées à Lubeck-Lauerhof. 56 sont transférées à la prison de Cottbus (38 le 4 avril 1944, 14 le 9 mai et 4 le 3 juin), six à la prison de Jauer (trois le 28 mars 1944, une le 30 mars et deux le 9 mai 1944). Quatre enfin rejoignent d’autres lieux de détention (LA 5638 à 5653 : liste des Françaises internées au Frauenzuchthaus de Lübeck-Lauerhof, DAVCC, Caen). Outre 55 femmes venant de Lübeck (nous n’avons pas retrouvé la trace de Joséphine Muratore sur les listes de la prison de Cottbus), quinze autres, ressortissantes françaises, ont été internées à Cottbus, venant notamment des prisons de Waldheim ou de Berlin (LA 19264 à 19272, Liste des ressortissants Français ayant été détenus à la prison Zentralgefängnis Cottbus, Bautzener Strasse 169, DAVCC, Caen). Ces 70 femmes sont transférées à Ravensbrück en novembre 1944 et janvier 1945.

[9Sur ce convoi, lire : Charlotte DELBO, Le convoi du 24 janvier, Les Editions de Minuit, 1965.

[10Raisko ou Rajsko, Kommando du KL Auschwitz.

[11Récit d’Anne-Marie Boumier contenu dans le dossier de demande de titre d’Anne Noury, DAVCC, Caen.

[12Gisèle GUILLEMOT, (Entre parenthèses), De Colombelles (Calvados) à Mauthausen (Autriche), 1943-1945, Paris, L’Harmattan, coll. « Mémoires du XXème siècle », 2001, p. 197.

[13Madeleine CORMIER, Une bordelaise martyre de la Résistance. Manon Cormier, Bordeaux, 1946, non paginé. Ce récit d’une dizaine de pages a été écrit à son retour de Mauthausen. Madeleine Cormier est décédée le 25 mai 1945.

[14Gisèle GUILLEMOT et Samuel HUMEZ, Résistante, Mémoires d’une femme de la résistance à la déportation, Michel Lafon, pp. 166-167.

[15Gisèle GUILLEMOT, (Entre parenthèses), De Colombelles (Calvados) à Mauthausen (Autriche), 1943-1945, Paris, L’Harmattan, coll. « Mémoires du XXème siècle », 2001, p. 199.

[16Témoignage de Suzanne Burdin dans : AMICALE des DEPORTES de CLUNY, « Le pire c’est que c’était vrai ». Les témoins se souviennent, Cluny, JPM éditions, 2005, p. 206.

[17Marie-José CHOMBART DE LAUWE, Toute une vie de résistance, Boulogne-Billancourt, Ed. Pop’Com, 1998 (rééd. 2002), p. 138.

[18Marie-José CHOMBART DE LAUWE, op. cit., pp 138-139.

[19Les femmes de 50 ans et plus sont surreprésentées au sein de ce transfert : elles représentent 16% des Françaises de Mauthausen et 34 % de celles envoyées à Bergen-Belsen. Inversement, les femmes de moins de 40 ans, qui représentent 53 % du total, ne sont plus que 30% dans ce convoi.

[20Lettre d’Andrée François du 04/08/1945 au mari de madame Rozé contenue dans le dossier de demande de titre de Marie-Jeanne Rozé, DAVCC, Caen.

[21Ce sont 692 femmes et enfants, toutes nationalités confondues, qui partent ce jour-là pour Bergen-Belsen d’après le registre original des femmes. Leurs noms sont alors rayés du registre au crayon bleu avec apposé le tampon « überstellt » signifiant qu’elles ont été transférées. Ma 7/4 (Registre original des femmes) et Ma 20 (femmes ayant séjourné au camp de Mauthausen et parties le 17 mars 1945 pour Bergen Belsen), DAVCC, Caen.

[22La liste comprend 500 numéros de matricules mais certains apparaissent rayés (et parfois remplacés par un autre) ou suivi d’une croix indiquant le décès, si bien que l’envoi à Amstetten n’est certain que pour 495 femmes.

[23Nos remerciements à Andreas Baumgartner pour nous avoir fourni la liste complète du transfert des femmes à Amstetten. Il publie la première page de la liste de ce Kommando dans son ouvrage sur les femmes à Mauthausen : Die vergessenen Frauen von Mauthausen. Die weiblichen Häftlinge des Konzentrationslagers Mauthausen und ihre Geschichte, Edition Mauthausen, Wien, 2006, 232 p. On consultera plus particulièrement les pages 166 à 171 concernant Amstetten.

[24Marie-José CHOMBART de LAUWE, « Les femmes à Mauthausen », in Mauthausen, de la mémoire à la conscience européenne, Actes du symposium européen Mauthausen-Linz des 29, 30 et 31 octobre 2000 organisé par l’Amicale de Mauthausen, dir. Caroline Ulmann, Paris, Amicale de Mauthausen, coll. « Cahiers de Mauthausen », 2002, p. 49.

[25Gisèle GUILLEMOT, (Entre parenthèses), op. cit., p. 211

[26Marie-José CHOMBART DE LAUWE, « Les Femmes à Mauthausen », op. cit., p. 49

[27Le registre original fait en réalité état de 34 décès lors de ce bombardement mais une erreur a pu être trouvée puisque la Française Marie Vandewalle mentionnée décédée est rentrée de déportation.

[28Michel FABRÉGUET, op. cit., p. 184.

[29Anne-Marie Boumier, Renée Hogge (infirmière de profession), Huguette Escudié, Alice Simmonet et Marie-Louise Streisguth (médecin de profession).

[30Marie-José CHOMBART DE LAUWE, Toute une vie de résistance, op. cit., p. 147.

[31Marie-José CHOMBART DE LAUWE, « Les Femmes à Mauthausen », op. cit., p. 50.

[32Voir la « fiche événement » concernant les libérations anticipées par la Croix-Rouge.

[33La situation de trois femmes nous est inconnue. Elles ne sont pas mentionnées comme transférées à Bergen-Belsen ou décédées à Mauthausen ou Amstetten et sont donc probablement à ajouter aux femmes rapatriées par la Croix-Rouge internationale, sans qu’il soit possible de savoir si elles ont survécu jusqu’au rapatriement en France.

[34Mauthausen accueille notamment des évacués d’Auschwitz en janvier et février 1945 (voir la « fiche évènement concernant ces détenus), mais également des camps de Sachsenhausen et de Gross-Rosen en février pour ne citer que les principaux transferts.

[35Ne figurent pas dans cette bibliographie les ouvrages mentionnés en notes de bas de pages ainsi que ceux ayant trait plus particulièrement à la déportation Nacht und Nebel. Ces derniers sont regroupés sur la « fiche événement » concernant cette catégorie de déportés.